Le scénario de Violence du corps de l’autre est un vestige de la dernière année de ma maladie, la plus difficile, avant de recevoir un rein en cadeau en août 2023. En me dissimulant derrière le personnage de Mira, je dessine le témoignage de la fin d’un chapitre. De façon oblique, le film parle des façons de côtoyer la mort mais aussi d’espoir et des possibilités d’influencer ses choix de vie. Il s’agit d’un voyage qui lentement fait apprécier ce qui nous rattache la vie : l’amour et la liberté dans un rapport au monde toujours plus difficile et complexe.
Comme la plupart de mes films, c’est un cinéma de soubresauts et de légers mouvements, qui privilégie davantage les tremblements subtils que les grandes révolutions. Ce nouvel opus appartiendrait probablement un genre que j’aime nommer surnaturalisme. J’entends par là un cinéma qui dialogue avec le réel mais qui refuse de l’imiter et qui accueille bras ouvert l’invraisemblable ou les traces de surnaturel. On ne cherche pas à résoudre toutes les questions et toutes les intrigues. On se distance du narratif rigide fonctionnel et on tend vers un flottement ou une poésie, aussi dure et cruelle qu’elle puisse être. Mira est une entité soumise à nos désirs et nos troubles. C’est un ange exterminateur qui vit à l’ombre des barrières morales et philosophiques. Elle se perd sur les routes et évolue en parallèle d’un système en place.
Pour le reste, je ne sais pas toujours ce qui se passe sur l’écran et qui sont ces personnages. Cette façon d’avancer dans le noir et de me perdre devant l’objet m’est très chère.
Larissa Corriveau, Philippe Rebbot, Xavier Bergeron, Gabrielle Lazure, Pierrette Robitaille, Eve Pressault, Amélie Dallaire, Christian Lapointe
RÉALISATION : Denis Côté
SCÉNARIO : Denis Côté
PRODUCTION : Guillaume Vasseur et Gabrielle Tougas-Fréchette (Oiseau pas de s)
DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE : Vincent Biron
SON : Stephen de Oliveira, Terence Chotard, Stéphane Bergeron
MUSIQUE : Christopher White
MONTAGE : Terence Chotard
Mira est une femme solitaire et de peu de mots. Elle parcourt les routes à la rencontre de gens désespérés avec qui elle semble avoir noué d’étranges pactes de mort. Sans adresse apparente, elle s’arrête chez Madeleine et Ludo, deux esprits libres et jouisseurs installés en forêt. En pause de ses missions, déroutée par la rencontre fulgurante d’un jeune homme excessif et intrigant, elle profite de cette escale pour questionner ses errances et réévaluer ses sombres contrats.
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Violence du corps de l'autre I 2026
Paul I 2025
Jours avant la mort de Nicky I 202 I
Mademoiselle Kenopsia I 2023
Un été comme ça I 2022
Hygiène sociale I 2021
Wilcox I 2019
Répertoire des villes disparues I 2019
Ta peau si lisse I 2017
Boris sans Béatrice I 2016
Que nous nous assoupissions I 2015
Excursoes I 2015
Que ta joie demeure I 2014
Vic + Flo ont vu un ours I 2013
Bestiaire I 2012
Curling I 2010
Les lignes ennemies I 2010
Carcasses I 2009
Elle veut le chaos I 2008
Maïté I 2007
Nos vies privées I 2007
Les états nordiques I 2005
Denis Côté (1973 - Nouveau-Brunswick, Canada) tourne une quinzaine de courts métrages dans les années 90 et 00. Il a été journaliste et critique de cinéma avant de réaliser son premier long métrage Les états nordiques en 2005, entamant ainsi un rythme de création soutenu et prolifique. Carcasses (2009) est présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes. Curling, son cinquième long métrage, remporte les honneurs au 63e Festival du film de Locarno et est présenté dans plus de 80 festivals. En 2013, Vic+Flo ont vu un ours, remporte l'Ours d'argent de l'innovation à la 63e Berlinale. Ses films primés s’intéressent aux thèmes de la solitude et de l’aliénation à travers des personnages souvent excentriques. Soulignée dans plus d’une quarantaine de rétrospectives à travers le monde, sa signature unique se voit récompensée du Prix Albert-Tessier en 2024, plus haute distinction dans le domaine cinématographique offerte par le Gouvernement du Québec. Violence du corps de l’autre (2026) est son 17e long métrage.