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Mistral Spatial est un ovni à la trajectoire imprévisible qui, en phase avec le personnage principal du film, convie le spectateur à une quête immersive de laisser-aller.
Follement passionné pour le cinéma et propulsé par un désir d’explorer le médium avec le moins de contraintes possible, j’avais besoin que mon premier long-métrage se fasse de la même façon que l’on fait son premier court-métrage : c’est-à-dire bricolé librement et reposant sur sa créativité pour arriver à ses fins. Produit avec un budget de court-métrage et une très petite équipe (en moyenne 7-8 personnes lors du tournage), l’ambitieux Mistral Spatial s’est bâti sur plusieurs années et est le résultat d’une quantité assez phénoménale d’amour, de sueur, d’entêtement créatif, et surtout, de prise de risques.
Avec ce premier film, je cherche à faire vivre des émotions fortes en n’ayant pas peur de déstabiliser le spectateur, tout comme j’aime moi-même l’être quand je vais au cinéma. Assumant pleinement son côté brut et parfois insaisissable en surface, Mistral Spatial est un croisement hybride entre mes fantasmes de cinéaste et de cinéphile.
Dès le début de l’écriture, il était clair pour moi que je souhaitais raconter mon histoire à travers le point de vue draconien et les sensations fortes vécues par mon protagoniste. La perte de repères que subit SAM dans le film est initiée par une rupture amoureuse. Lorsque mise en parallèle avec l’hypothèse d’un enlèvement extraterrestre, la situation douloureuse génère chez lui une quête de sens inévitable. Dans l’espoir acharné de trouver des réponses, SAM traverse une gamme d’émotions variées liées au processus du deuil, passant par la tristesse, le désarroi, la peur, l’abandon et l’acceptation (pour ne nommer que celles-là).
Intrinsèquement liés à mes intentions de départ, la mise en image et le traitement sonore de Mistral Spatial sont soigneusement réfléchis et au service de ma quête de sens. À travers trois actes distincts, la forme du film se transforme radicalement, suivant le pouls du personnage, et ce, afin de plonger le spectateur dans l’immersion de sa psyché évolutive. Tout comme SAM qui cherche des réponses dans un état d’insomnie chronique, l’exploration assumée du langage et des codes de genre nous amènent à vouloir démêler le vrai du faux; à nous confronter avec la réalité de l’hallucination.
Au fil du récit, le spectateur est forcé d’assimiler progressivement de nouveaux éléments qui viennent le surprendre, voir brouiller les pistes de sa rationalité. Comme scénariste et réalisateur, je connais bien les clefs de Mistral Spatial et de la mythologie qui composent son univers : les extraterrestres, le rapport aux écrans de couleur verte, les Chats VS les Chiens, la présence de l’eau et des étoiles... Mais avec ce film, je me garde volontairement de tout dévoiler, laissant une part d’inexplicable à l’interprétation de celui ou celle qui le reçoit.
J’invite le public qui regarde Mistral Spatial à s’abandonner lui aussi dans son visionnement; à entreprendre une quête quasi miroir à celle que vit SAM dans le récit. Parce qu’au final, la meilleure et seule façon de progresser est parfois de simplement se laisser aller au cours des choses, sans tenter de tout comprendre.
Comme le dit si bien Canari (ou est-ce Cath?) dans le troisième acte du film: « Il y a des choses qui ne s’expliquent pas, pis c’est correct de même. »
Samuel Brassard, Catherine-Audrey Lachapelle, Alex Trahan, Véronique Lafleur, Marie Brassard
RÉALISATION : Marc-Antoine Lemire
SCÉNARIO : Marc-Antoine Lemire
PRODUCTION : Marc-Antoine Lemire (Les Films de la méduse)
DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE : Olivier Racine
SON : Simon Lacelle, Benoît Dame
MUSIQUE : Pierric Soucy, Lydia Képinski, Kerry Bursey
MONTAGE : Anouk Deschênes
Retournant chez lui à pied après s’être fait laisser par sa copine, SAM est victime d’un phénomène inexplicable où il perd connaissance en pleine rue. Il se réveille quelques heures plus tard, ne sachant pas si c’est sa peine amoureuse qui l’a foudroyé ou s’il a été victime d’un… enlèvement extraterrestre.
Entre peine d’amour et présence extraterrestre, le cinéaste nous plonge au son du thérémine dans un univers créatif libre et réjouissant à souhait.

Extras | 2023
Mistral Spatial | 2022
Pre-Drink | 2017
Les méduses | 2015
Réalisateur et scénariste basé à Montréal, Marc-Antoine Lemire aborde son cinéma comme un outil pour accéder à une certaine liberté. Il est guidé par sa passion pour des personnages complexes et par l’envie de générer des émotions à travers leur point de vue unique. Son dernier court-métrage PRE-DRINK compte une centaine de festivals à son actif, et a remporté plusieurs prix dont le Meilleur Court-Métrage Canadien au TIFF en 2017. MISTRAL SPATIAL est son premier long-métrage, qu’il a d’ailleurs auto-produit. Bricolé volontairement de façon marginale, l’ambition de ce film s’inscrit dans un désir d’explorer le médium et de faire un cinéma sans compromis.

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