
Vampire humaniste cherche suicidaire consentant est né du besoin d’apprivoiser mes propres angoisses et vertiges par rapport à la mort. Jumelé à mon ambition de faire un film de vampire depuis plusieurs années, l’idée d’aborder cette thématique universellement terrifiante par la figure du vampire s’est rapidement imposée. Créature condamnée à tuer pour survivre, le vampire porte la mort en lui. Mais qu’arrive-t-il s’il commence à trop réfléchir à la valeur des vies qu’il arrache en comparaison à la sienne? C’est en se posant cette question à la fois éthique, philosophique et au potentiel tragi-comique qu’est né le personnage de Sasha, une jeune vampire humaniste prête à se laisser mourir pour épargner autrui. La mort est aussi ancrée dans le personnage de Paul, un adolescent aux comportements suicidaires qui ne trouve pas sa place dans un monde qu’il ne décode pas et qui lui est hostile. Les drames intérieurs de Sasha et de Paul sont certes tragiques, mais je voulais que de leur rencontre émerge de la lumière, de l’espoir. Donc si la première partie du récit aborde leur relation à la mort, le film est aussi une ode à la vie dans laquelle une palette de personnages plus colorés les uns que les autres leur font vivre un tourbillon de péripéties.
Dès le début de mon processus de création, je me donne toujours la liberté de puiser instinctivement dans plusieurs genres cinématographiques qui m’habitent et m’inspirent. J’aime m’amuser avec les divers codes et langages, je m’en sers comme de précieux outils narratifs pour déjouer les attentes - les miennes et celle des spectateurs. Cette approche me permet aussi de façonner mon propre univers que je souhaite généreux et décomplexé, en évitant de le restreindre à une seule catégorie. Élaboré dans cette volonté de liberté de forme et de création, l’univers de Vampire humaniste cherche suicidaire consentant navigue entre le film de genre, le récit initiatique et la comédie noire.
J’ai aussi abordé la réalisation du film dans un esprit de continuité de démarche artistique, à travers laquelle je cherche à créer une expérience cinématographique enivrante et toujours centrée sur les personnages. Mon univers visuel est luxuriant, texturé, précis, et ma mise en scène est intimiste. L’ambiance est sulfureuse, les cadrages sont posés et la caméra est économe de mouvements pour que l’élan du geste appartienne le plus souvent à mes protagonistes. Mon intention est que la forme soit mise à leur service, qu’elle les accompagne. Tantôt pour exacerber leur sentiment d’étouffement et leur décalage avec le monde qui les entoure, ou bien encore pour offrir aux spectateurs une fenêtre sur un passé qu’on peut leur deviner. C’est aussi dans cette démarche de proximité avec les personnages que j’ai parsemé mon film de petits moments magiques me permettant de donner un accès privilégié à leur intériorité. Tant à l’étape de l’écriture qu’à celle de la mise en scène, j’ai accordé une attention aussi grande aux silences remplis de non-dits, aux moments de tension, aux dialogues très colorés et aux enchaînements plus dynamiques où se bousculent les rebondissements. L’amalgame de tous ces éléments étaient essentiels à l’ADN de mon film.
Sara Montpetit, Félix-Antoine Bénard, Steve Laplante, Sophie Cadieux, Noémie O'Farrell, Lilas-Rose Cantin, Arnaud Vachon, Marie Brassard, Madeleine Peloquin, Gabriel-Antoine Roy, Isabella Villalba, Patrick Hivon, Marc Beaupré, Micheline Bernard
RÉALISATION : Ariane Louis-Seize
SCÉNARIO : Ariane Louis-Seize et Christine Doyon
PRODUCTION : Jeanne-Marie Poulain et Line Sander Egede (Art et essai)
DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE : Shawn Pavlin
SON : Thierry Bourgault D'Amico, Marie-Pierre Grenier, Simon Gervais, Luc Boudrias
MUSIQUE : Pierre-Philippe Côté (Pilou)
MONTAGE : Stéphane Lafleur

Sasha est une jeune vampire avec un grave problème : elle est trop humaniste pour mordre ! Lorsque ses parents, exaspérés, décident de lui couper les vivres, sa survie est menacée. Heureusement pour elle, Sasha fait la rencontre de Paul, un adolescent solitaire aux comportements suicidaires qui consent à lui offrir sa vie. Ce qui devait être un échange de bons procédés se transforme alors en épopée nocturne durant laquelle les deux nouveaux amis chercheront à réaliser les dernières volontés de Paul avant le lever du soleil.

Vampire humaniste s’avère savoureux, et juste assez saignant (...) Visuellement, ce film est un pur ravissement.
Une comédie noire qui a du mordant (...) Sara Montpetit se glisse merveilleusement bien dans la peau d’une jeune vampire fragile et sensible. Félix-Antoine Bénard fait aussi preuve d’une grande justesse.

VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT | 2023
COMME UNE COMÈTE | 2021
LES PROFONDEURS | 2020
LES PETITES VAGUES | 2018
RITUELS | 2018
ÊTRES ELLES | 2016
LA PEAU SAUVAGE | 2016
Ariane Louis-Seize marque ses débuts comme réalisatrice avec son court métrage LA PEAU SAUVAGE, un drame fantastique ayant voyagé dans plus de cinquante festivals et lauréat de nombreux prix et nominations, dont celles du meilleur court métrage de fiction au Gala Québec Cinéma et aux Prix Écrans Canadiens. Elle tourne ensuite LES PETITES VAGUES, sélectionné à la Berlinale et au Canada’s Top Ten du TIFF. En 2018, Ariane écrit et réalise LES PROFONDEURS, suivi de COMME UNE COMÈTE en 2019, tous les deux présentés en première mondiale au TIFF et en première québécoise au FNC. VAMPIRE HUMANISTE est son premier long métrage.

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