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Lorsque l’on prend le temps de tendre l'oreille, d’écouter le son particulier d’un insecte ou la réverbération d’une voiture sous un viaduc, un monde partagé se révèle à nous. Ailleurs la nuit explore notre rapport aux autres et aux lieux dans des moments charnières de remise en question et d’errances. Les personnages du films sont des déclinaisons de plusieurs versions d'eux-mêmes à travers différents âges, contextes et pays d'origine, unis par un sentiment de deuil et le désir d’être ailleurs. Tous interconnectés par leurs rêves et leurs peurs, ils partagent des expériences communes qui les lie les uns aux autres.
En tant que Québécoise-Philippine, la mixité de mon identité me pousse à explorer des histoires d’enracinements et d'appartenances. Intéressée par les dualités de perspectives et comment celles-ci peuvent cohabiter et se mélanger, le film s’est naturellement construit en multi-trames. Les protagonistes, voyageuse, artiste, chercheur, fermier, immigrantes, et étudiante - sont tous au début ou à la fin d’un cycle et ont une relation particulière au déplacement. Il était important pour moi de mettre en relation des personnages qui ont le choix de se déplacer et d’autres non. Principalement déployé à travers le point de vue de trois personnages féminins, le film est ponctué de rencontres éphémères, de relations à distances, d’endroits nouveaux et d’autres à quitter. La mixité est au fondement du récit, tant sur le niveau narratif que formel. Cette diversité est également reflétée par les différentes langues parlées (français, anglais et tagalog), aspect au cœur de l’identité et de la filiation. Certains personnages sont inspirés par mon parcours, tel que Eva et Melita, un hommage à ma mère et à toutes les Philippines de la diaspora qui portent une histoire similaire.
Des parallèles thématiques forts au sein des deux volets sont créés par un jeu de corrélations entre les personnages: ils se complètent et se font échos pour dépeindre une grande toile humaine où le spectateur peut se projeter. J’ai voulu faire un film immersif avec une structure non conventionnelle qui offre des impressions multiples, un film ouvert à diverses interprétations qui ne cherche pas à expliquer ou à faire comprendre, mais plutôt à évoquer un univers d'interconnexions. Ailleurs la nuit, est un portail où les rêves se répondent et se confondent.
Ariel Méthot, le directeur photo du film, et moi, avons décidé de travailler les scènes avec une économie de plans, souvent fixes et larges, afin de laisser le spectateur s’engager dans le cadre et laisser les personnages interagir avec leur environnement. Des événements visuels (séquences qui ont une particularité formelle autre que l’ensemble) ponctuent le film et permettent de créer un sentiment de transcendance lié au temps qui passe et à la mémoire, plongeant le spectateur dans une expérience sensorielle . Notamment, la lumière bleue, les séquences de rêve aux Philippines en steadycam et la scène en caméra thermique.
L’univers sonore occupe une place viscérale dans le film, c’est principalement par l’entremise du son que j’ai voulu transporter le spectateur dans des lieux à la fois communs et lointains. Avec Ilyaa Ghafouri, le paysage sonore a été précisément tissé afin de lier les personnages de façon holistique. Certains bruits sont récurrents à travers le récit, tels des indices qui ponctuent le film, les sons de ville s'immiscent dans la nature et vice versa, telles des réminiscences.
À travers une expérience sensuelle et sensible , j’ai voulu plonger le spectateur dans un rêve éveillé où chacun peut se projeter dans un moment de leur vie où ils se sont demandé s’ils étaient réellement au bon endroit. L’engagement et le rapport aux lieux sont au cœur du récit et nous renvoient à notre propre ancrage. Ailleurs la nuit est aussi une ode aux liens intangibles qui unissent les êtres, les animaux et la nature - un film qui j’espère, invite à porter attention autant aux petites qu’aux grandes choses - à écouter le monde qui nous entoure.
Camille Rutherford, Victor Trelles Turgeon, Émile Schneider, Garance Marillier, Kyrie Samodio, Sue Prado, Amaryllis Tremblay, Enchong Dee
RÉALISATION : Marianne Métivier
SCÉNARIO : Marianne Métivier
PRODUCTION : Geneviève Gosselin-G. (Le Foyer Films)
DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE : Ariel Méthot
CONCEPTION SONORE : Ilya Ghafouri
MONTAGE : Myriam Magassouba
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Du calme de la campagne à l’insomnie urbaine, les vies d’inconnus se croisent, partagées entre l’appel du départ et l’attachement au passé. Liés par leurs rêves et leurs désirs enfouis, chacun cherchent un nouveau départ.
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« un portrait intime [...] du sentiment d'être pris au piège dans une vie qui nous file entre les doigts. »
« […] Une brillante prestation de Camille Rutherford »
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Celle qui porte la pluie I 2019 | *Berlinale Shorts
Ailleurs la nuit I 2025
Marianne Métivier est une scénariste et réalisatrice canado-philippine de Montréal. Son court métrage Celle qui porte la pluie a été sélectionné à la Berlinale Shorts en 2020. Elle a participé au TIFF Filmmaker Lab (2021) et au Feature Lab du Torino Film Lab (2023) avec son premier long métrage Ailleurs la nuit (2025). Elle est actuellement en production d’un documentaire Back Home. Son travail explore principalement la notion d’appartenance aux lieux et notre rapport à l’intangible.

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