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Écho de la mer est un film de fiction, et pourtant il est aussi profondément personnel pour moi. Le processus d’écriture a commencé à partir de quelques souvenirs clés de ma vie, mais il s’est développé bien au-delà de cela, touchant à un réseau de thèmes entrelacés qui me sont chers.
Lorsque je me suis lancée dans l’écriture de ce projet, je savais que je voulais me pencher sur une période particulièrement marquante de mon enfance. J’avais six ans lorsque mes parents traversaient un divorce. Je me souviens qu’à cette époque, j’ai développé de nombreuses routines très rigides et un fort attachement à certains objets. En repensant à cette période aujourd’hui, je vois clairement, avec mon regard d’adulte, que ces comportements étaient une réponse à l’instabilité que je ressentais face aux changements dans la vie de notre famille.
Des décennies plus tard, à l’âge adulte, j’ai vécu beaucoup d’anxiété. En raison de cette relation intime que j’entretiens avec l’émotion de la peur, je savais qu’elle serait centrale dans Écho de la mer.
En explorant des questions liées à la peur et au besoin de sécurité, j’ai trouvé une histoire qui fait écho à de nombreux thèmes. Écho de la mer parle d’une famille en détresse, de la maternité, des liens profonds entre sœurs, des peurs irrationnelles, du deuil, de la honte, du traumatisme intergénérationnel et de l’identité raciale. Le film aborde toutes ces réalités apparemment disparates, mais le fil thématique qui les relie est la « peur » et les multiples façons dont l’incertitude influence nos relations et notre sentiment de stabilité.
L’un des thèmes que je souhaitais explorer plus en profondeur est celui de l’identité raciale. En m’investissant davantage dans l’histoire, j’ai su que cet aspect devait absolument y être intégré. Alors que Judith peine à définir son identité comme mère, épouse et femme, je savais que son identité raciale constituerait également une grande question pour elle.
En tant que Canadienne à la fois japonaise et blanche, je me suis souvent interrogée sur mon identité. Une grande partie de l’histoire et de la culture de ma famille nippo-canadienne ne m’a pas été transmise. En cherchant à comprendre la racine de cette absence, j’ai le sentiment qu’elle découle directement de l’internement des Canadiens d’origine japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.
Mes grands-parents parlaient peu de cette expérience à leurs enfants, je crois parce qu’elle leur causait de la honte. Ma mère et ses six frères et sœurs ont grandi dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, au sein d’une communauté majoritairement blanche, un endroit où leur famille s’est retrouvée à vivre à la suite du déplacement injuste de leurs parents et de la fragmentation de la communauté nippo-canadienne en Colombie-Britannique avant la guerre. À travers le personnage de Judith, j’explore certaines des raisons pour lesquelles la lignée et la culture se sont perdues dans ma famille. À travers sa crise, j’examine aussi les sentiments de colère, de honte et de manque qui accompagnent la perte de contact avec sa propre histoire.
Le film se termine de manière quelque peu abrupte : chaque fil narratif ne se résout pas parfaitement de façon nette et définitive. J’ai senti que c’était la fin la plus riche et la plus sincère pour le film. Elle reflète les multiples façons dont la vie des personnages a été fragmentée et, plutôt que de pouvoir réparer ces ruptures, la seule réponse possible est simplement de regarder la vérité en face, enfin.
Ally Maki, Luke Roberts, Nyha Breitkreuz, Remy Marthaller, Sarah Gadon, Chris Pang
RÉALISATION :Meredith Hama-Brown
SCÉNARIO : Meredith Hama-Brown
PRODUCTION : Tyler Hagan (Experimental Forest Films), Sara Blake (Ceroma Films)
DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE : Norm Li
SON : Oscar Vargas
MUSIQUE : Oscar Vargas
MONTAGE : Kane Stewart, Shun Ando
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Prête à tout pour approfondir sa connexion avec son mari après le décès de sa mère, Judith (nippo-canadienne) traîne sa famille à une retraite de développement personnel sur une île éloignée. C’est en se liant d'amitié avec un autre couple interracial qui semble vivre un mariage parfait que Judith commence à reconnaître à quel point sa relation est irrémédiablement brisée. Pendant ce temps, leurs deux filles sont plongées dans le stress et l’instabilité à mesure que la relation de leurs parents s’effrite. Enfin, la famille doit s’unir et faire face à ses pires insécurités si elle veut éviter l’éclatement définitif.

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Les œuvres de Meredith Hama-Brown ont été projetées dans divers festivals de films internationaux, notamment Palm Springs Shortfest, Shnit, Fantastic Fest et Fantasia. Son travail a remporté plusieurs prix tels que le Sea to Sky Award de 20 000 $ au VIFF et le Graphite Pencil de D&AD, ainsi qu’une nomination à l'UKMVA et à l'MVPA. En 2020, elle a été sélectionnée pour le TIFF Filmmaker Lab et a reçu la bourse Canada Goose pour son prochain long métrage. Ses projets ont obtenu du financement de BC Arts, du Conseil des arts du Canada et de Téléfilm. Ses films ont été sélectionnés pour les Vimeo Staff Picks et présentés sur Nowness Picks, Directors Library et Directors Notes.

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