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Il y a de ces projets qui se vivent en ligne droite, puis il y a Très belle journée, fabriquée dans l’égarement et la recherche. Ce film est né d’une impulsion, poussé par une envie de créer un objet atypique, au risque de créer un objet imparfait. Lassés des délais habituels de production et ne voulant pas perdre une spontanéité de création, nous avons établi un scénario de base, canevas nous servant à entamer le tournage. On ne s’obligeait pas à le respecter, on cherchait plutôt à provoquer l’accident, à l’affût de beaux hasards. Très belle journée s’approprie le genre « néo-noir ». C’est une façon pour moi de poser un regard sur notre solitude, notre identité personnelle et numérique et nos rapports avec les autres. J’ai voulu explorer la paranoïa sous-jacente à la culture du web, le syndrome de déréalisation. Jérémie incarne ce trouble social. Sa perception du monde est teintée par cette idée que le réel n’existe pas, comme un fantasme d’être Neo dans The Matrix (1999) ou Truman dans The Truman Show (1998). Parallèlement, nous découvrons la solitude qui habite le personnage d’Élyane, instagrameuse professionnelle aux milliers d’abonnés. On remarque le contraste entre la représentation sur le web et la solitude quotidienne. À travers cette approche de création libre, nous avons immédiatement pensé à utiliser l’appareil photo d’un cellulaire pour faire le film. Outre la souplesse qu’apportent son utilisation technique et le fait d’avoir une caméra à tout moment dans le fond de sa poche, le téléphone s’est imposé dès le départ comme un élément central de l’approche scénaristique. Dans la conception de la réalisation, il devient une extension de l’humain. Au fil du récit, il est scotché aux mains respectives de Jérémie (Guillaume Laurin) et d’Élyane (Sarah-Jeanne Labrosse), et représente une extension technologique de leur personne, leurs yeux constamment rivés à l’écran. Le film s’est ainsi construit dans une volonté de maximiser son utilisation. Je voyais dès le début un personnage se mouvoir dans une foule ou dans le métro et qu’on puisse le suivre sans attirer les regards. Ce sont donc les idées de mises en scène qui ont construit le scénario au fur et à mesure du tournage. Nous étions généralement entre deux et sept personnes en tournage. Étant si peu nombreux, une atmosphère de création collective s’est installée, avec le même feeling que lorsque je jouais avec mon band punk du secondaire ou que je faisais mes premiers films avec mes amis du cégep. C’est une histoire qui se raconte. C’est une histoire que nous vous avons racontée.
Guillaume Laurin, Sarah-Jeanne Labrosse, Marc-André Grondin, Marc Beaupré, Christine Beaulieu, Mathieu Dufresne, Sandrine Brisson
RÉALISATION : Patrice Laliberté
SCÉNARIO : Nicolas Krief, Guillaume Laurin, Patrice Laliberté, Geneviève Beaupré
PRODUCTION : Julie Groleau, Fanny Forest (Couronne Nord)
DIRECTION DE LA PHOTOGRAPHIE : Christophe Dalpé
SON : Ilyaa Ghafouri
MUSIQUE : Marc-Antoine Barbier
MONTAGE : François Lamarche

Jérémie (Guillaume Laurin), coursier à vélo, sillonne la ville à pleine vitesse; il livre des sacs à dos anonymes, suivant aveuglément les instructions de son patron Dom (Marc Beaupré). Solitaire et routinier, Jérémie enregistre un podcast dans lequel il partage sa vision conspirationniste du monde. Son quotidien est bouleversé par l’arrivée d’une nouvelle voisine, Élyane Boisjoly (Sarah-Jeanne Labrosse), une instagrameuse célèbre pour qui il développe une fascination. Sa vie bascule lorsqu’une nuit, son obsession pour Élyane le trouble au point de lui faire manquer une livraison. Dans une violente chasse à l’homme orchestrée par Dom, Jérémie n’a d’autre choix que d’agir.
★★★★ "Brillant"
"Très belle journée se distingue par son rythme haletant, par le dynamisme de la mise en scène, ainsi que par cette façon de vouloir entraîner le spectateur dans une histoire bien ancrée dans l’air du temps."

Very Nice Day I 2022
The Decline I 2020
Late Night Drama I 2016
Overpass I 2015
The engine cycle I 2014
In 2012, screenwriter and director Patrice Laliberté cofounds Couronne Nord, the production company through which he will give life to his owns short films: Le cycle des moteurs (nominated at the 2016 Québec Cinéma Gala), Drame de fin de soirée (TIFF 2016), and Viaduc, which received the TIFF’s 2015 Short Cut Award for Best Canadian Short Cut, in addition to being acclaimed in more than 75 festivals worldwide. In 2016, he cowrites and directs Game(r), a web series with more than 2 million views on Facebook. In 2020, in addition to launching the second season Game(r), he released The decline, the very first Netflix-funded Quebec feature film.

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